Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Daniel Handler doit être un homme vraiment très sombre et triste. Ou pas. Sous son hétéronyme Lemony Snicket, il a publié en 1996 le début d’une histoire qui fera parler d’elle pendant plus de vingt ans !

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, ou de son nom original A Series of Unfortunate Events est une suite de treize romans qui raconte l’histoire malheureuse de trois orphelins : les enfants Baudelaire. Leurs parents morts dans l’incendie de leurs maison, les enfants font la connaissance de leur tuteur, le comte Olaf. Celui-ci, n’ayant pour objectif que de leur voler leur héritage, les enfants vont tout mettre en oeuvre pour échapper aux plans tordus du comte.

Ce qui fait la beauté de ces livres, en plus d’une histoire fine et inventive, c’est l’ambiance qui y règne. C’est une tempête d’humour noir, de tragi-comédie, de burlesque qui enveloppe le lecteur dès les premières lignes. Je vous l’avoue, cela fait quelques années maintenant que j’ai lu ces livres et ce n’est pas grave puisque c’est de la série Netflix que je vais vous parler ici. (Foncez lire les livres si ce n’est pas déjà fait, je sais toujours que je les avais adorés)

La série se compose de trois saisons (et il n’y aura pas d’autre saison, snif) qui comportent entre sept et dix épisodes. Chaque livre est retranscrit en deux épisodes d’une quarantaine de minutes. Au même titre que les livres, la série est un mélange de mystères, d’humour et de tragédie finement dosés. Cet environnement digne d’un Wes Anderson dépressif est annoncé dès les premières notes du générique avec des paroles qui changent afin de suivre la trame de l’histoire.

Éteignez vos télés. Éteignez vos télés. Cette série va gâcher votre soirée, votre vie entière et votre journée. Chaque épisode visionné vous fera déprimer. Alors,éteignez vos télés.

Générique de la série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Une fois le générique (qui trotte facilement dans la tête) fini, les couleurs particulièrement travaillées poursuivent cette ambiance glauque par un jeu finement mené de couleurs particulièrement criardes qui tranchent avec un fond terne qui tend vers le sépia. Dès le premier épisode, la méchanceté du comte Olaf (que nous n’avons pas encore rencontré) est annoncé par un manoir particulièrement sombre et terne. Sa voisine, la gentille juge Abott habite en comparaison une merveilleuse petite maison, mignonnette et pleine de couleurs.

Mention spéciale pour les incroyables décors de cette série, qui comportent un nombre de détails et de références assez incroyables. Cet effet “décors plastiques” et parfaits donnent toute l’ambiance à la série. Cette sensation constante d’être sur une scène de théâtre complète à merveille le sur-jeu volontaire des acteurs. Un exemple parmi tant d’autre, c’est le jeu des tapisseries que l’on remarque à chaque changement de lieu : chez le professeur Montgomery Montgomery, spécialiste en herpétologie (branche de l’histoire naturelle qui traite des amphibiens et des reptiles. Je vous ai dit qu’on découvrait beaucoup de mots étranges dans cette série ?). Donc, chez le professeur Montgomery Montgomery, la tapisserie est composée de dessins de serpents entrelacés. Dans la scierie dans laquelle les enfants se retrouvent à travailler, la tapisserie est faite de branchages et de ronces. En bref, tout est travaillé dans le moindre détail et je me passionne à regarder, re-regarder et re-re-regarder les épisodes de cette série dans leurs moindres recoins.

Egalement, ce pour quoi la série a été récompensée : les costumes et le maquillage. Un sacré travail fait à ce niveau là également ! Prunille, la petite dernière, toujours affublé de mini costumes absolument parfaits ou le comte Olaf, qui offre à lui tout seul une magnifique expérience visuelle grâce à des costumes et maquillages toujours plus impressionnants les uns que les autres.

Mais n’oublions pas le principal de la série : l’histoire. Il faut avoir sacrément de l’imagination pour inventer une aventure aussi complète et inventive. Au fil de la série, l’enquête sur la mort des parents Baudelaire évolue, amène de nouvelles questions, des réponses inattendues et des situations toujours plus loufoques et improbables. La saison trois est particulièrement généreuse de mystères et d’explications sur les saisons précédentes. Elle se renouvelle par rapport aux deux saisons précédentes et fait apparaître de nouveaux enjeux. On nous parle notamment d’un sucrier particulièrement énigmatique. Ce jeu du chat et de la souris entre les orphelins et le comte nous tiens tout le long de la série sans jamais s’arrêter et rend la série réellement dynamique.

La série n’est clairement pas dénuée d’humour à travers des situations burlesques, des répliques insensées ou des jeux de mots toujours bien trouvés (surtout dans la version originale). J’ai particulièrement apprécié la devise de l’institut privé Prufrock dans lequel les orphelins sont envoyés : Memento Mori. Souviens toi que tu vas mourir. Sympa pour un établissement scolaire non ? La vie triste des enfants Baudelaire est donc ponctuée de notes d’humour qui nous permet de respirer dans ce nuage noir et lugubre.

Enfin, l’originalité de cette série (une de plus) est l’apparition régulière de Lemony Snicket, narrateur intégré au récit. Très ironique, avec une pointe de philosophie, ce personnage particulier nous suit tout au long de la série et s’impliquera de plus en plus dans l’histoire jusqu’à y avoir un rôle réel. Il redonne un coup de fouet régulier à l’histoire en y amenant du suspense en plus. J’ai réellement adoré ce personnage et son rôle dans la série. Il est attachant malgré son comportement particulièrement scinque.

Il ne faut pas non plus passer à côté du talent de la plupart des acteurs de cette série. Neil Patrick Harris dans le rôle du comte, Malina Weisseman qui interprète à merveille la courageuse Violette, Louis Hynes pour l’inventeur Klaus Baudelaire ou encore Carmélita Spatz (Kitana Turnbull), affreuse enfant gâtée. Tous sont exeptionnels dans la mission qui leur a été confiée.

Il ne m’a fallu qu’une nuit pour commencer et finir la saison trois des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. J’avais déjà dévoré les deux premières saisons et attendais la troisième avec beaucoup beaucoup d’impatience alors une fois sortie … elle n’a pas fait long feu ! De loin l’une de mes séries préférés que je ne manquerais pas de revoir une bonne dizaine de fois surement (Quoi ? Comment ça je suis déjà en train de regarder à nouveau la première saison ?). Et pourquoi pas non plus reprendre la lecture de ces superbes livres…

Encore tellement de choses à dire sur cette série, mais il y a toujours un moment où il faut finir

Bien à toi, 

Elsa

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaires, série Netflix De Daniel Handler et Barry Sonnenfeld
Images gif : https://giphy.com/ (tirés de la série)

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